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Codex Mundi A scholarly atlas of the senses lost when crossing borders
Codex MundiRelationship to timeInshallah time (Arab world)
e0205Relationship to time · ponctualite

Inshallah time (Arab world)

"I'll come to your party tomorrow inshallah" in Arabic means "I'll come if God allows", not "I'm definitely coming".

✓ Target directionAll temporal promises are subordinate to the divine will. "Inshallah" (God willing) qualifies any future intention; time belongs to Allah, not to mortals.
⚠ Interpreted meaning"At 8pm inshallah" = closing an 8pm contract; inshallah = excuse for not honoring the commitment; arriving very late is acceptable because "God willed it".

01Inshallah et théologie du temps

En arabe, toute affirmation concernant un événement futur s'accompagne traditionnellement de « inshallah » (إن شاء الله, « si Dieu le veut »). Cet usage est directement enraciné dans le Coran, sourate Al-Kahf, versets 23-24 : « Et ne dis jamais, à propos d'une chose : "Je ferai cela demain", sans ajouter : "Si Dieu le veut" ». Il ne s'agit donc pas d'une clause de sortie improvisée mais d'une prescription religieuse explicite, observée depuis quatorze siècles dans l'ensemble du monde arabophone. Dire « je serai là à 20h inshallah » soumet l'engagement pris à une réserve théologique : l'avenir n'est jamais entièrement entre les mains humaines.

02Le malentendu professionnel

Pour un interlocuteur occidental habitué à un temps monochrone où une date est un engagement ferme, « inshallah » est souvent entendu comme une esquive polie ou un refus déguisé. La recherche universitaire nuance nettement cette lecture. Alon et Brett (2007) montrent, à partir d'une étude comparative des styles de négociation, que les négociateurs du monde arabo-musulman traitent le temps différemment des négociateurs occidentaux : le passé y sert souvent de référence plus fiable que les promesses sur l'avenir, et les tactiques de report ou d'attente y sont plus fréquentes sans que cela signifie une absence d'intention. Une étude de terrain menée auprès de salariés saoudiens rapatriés (Aldossari, Robertson & Chaudhry, 2023) éclaire ce malentendu autrement : dans un contexte où une promesse rompue déshonore la personne, sa famille et sa tribu (Al-Rasheed, 2013), les managers saoudiens évitent précisément de formuler des promesses explicites — « le manager évite toute promesse […] votre manager ne promettra jamais rien, car cela va à l'encontre des normes ». Ce que l'Occidental prend pour une esquive n'est donc pas un désengagement : c'est un régime où l'on ne s'engage pas explicitement parce que l'engagement coûte trop cher à l'honneur. Réduire l'absence de promesse ferme à une paresse ou à une évasion est donc, comme l'ignorer complètement, une lecture erronée.

03Genèse religieuse et coranique

L'injonction coranique (18:23-24) s'inscrit dans le cadre théologique plus large du qadar (القدر, décret divin) : la conviction que rien n'advient sans la volonté de Dieu, tout en laissant place à l'agentivité humaine — un équilibre débattu au sein même de la théologie islamique depuis les premiers siècles de l'islam. « Inshallah » en est l'expression linguistique la plus courante et la plus routinisée, employée y compris par des locuteurs peu pratiquants pour qui l'expression relève désormais autant de la politesse langagière que de la profession de foi.

04Incidents documentés

Aucun incident commercial ou diplomatique précisément daté, nommé et sourcé de façon indépendante n'a été trouvé pour cette fiche malgré une recherche dédiée (les deux incidents cités par la version précédente — un contrat Airbus dans les années 2000, des négociations UE-Liban dans les années 2010 — n'ont laissé aucune trace vérifiable). Le phénomène est documenté par la littérature académique (Alon & Brett, 2007 ; Aldossari et al., 2023) comme une source de friction récurrente dans les négociations et les relations de travail, plutôt que par des cas individuels isolés.

05Recommandations pratiques

Geography of misunderstanding

Neutral

  • egypt
  • saudi-arabia
  • uae
  • qatar
  • kuwait
  • bahrain
  • oman
  • lebanon
  • syria
  • jordan
  • iraq
  • morocco
  • algeria
  • tunisia
  • libya

Practical recommendations

To do

  • - Explicitly accept that "inshallah" qualifies any Arab temporal promise. - Use contracts with broad force majeure clauses. - Employ a cultural mediator for critical negotiations. - Interpret deadlines as subject to unforeseeable circumstances.

Avoid

  • - Do not treat "inshallah" as an avoidance ploy. - Do not penalize an Arab partner for delays qualified as an "act of God". - Do not impose Western time rigidity on Arab negotiations. - Do not confuse inshallah with lack of professionalism.

Neutral alternatives

Specify in writing ("we expect delivery on [date] unless unforeseen circumstances"); set internal milestones rather than external dates.

Sources · 4

PrimaryCoran, sourate Al-Kahf (18), versets 23-24.
AcademicAlon, Ilai & Brett, Jeanne M. (2007). Perceptions of Time and Their Impact on Negotiations in the Arabic-Speaking Islamic World. Negotiation Journal, 23(1), 55-73.
AcademicAldossari, Maryam; Robertson, Maxine; Chaudhry, Sara (2023). I didn't promise, I said inshallah: Saudi Arabian employees' perceptions of the importance of implicit promises within the psychological contract. European Management Review, 20(2), 287-305.
AcademicAl-Rasheed, Madawi (2013). A Most Masculine State: Gender, Politics and Religion in Saudi Arabia. Cambridge University Press.

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