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Codex Mundi Un atlante scientifico dei sensi perduti quando si attraversano le frontiere
Codex MundiAffari e protocolloInterrompere una riunione (Mediterraneo)
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Interrompere una riunione (Mediterraneo)

Un mediterraneo che non interrompe viene visto come un disinteressato; un tedesco che interrompe viene visto come un disimparato.

✓ Direzione dell'obiettivoInterrompere una riunione = coinvolgimento attivo, entusiasmo, prova di interesse e partecipazione.
⚠ Significato interpretatoInterrompere = maleducazione, mancanza di attenzione, intolleranza verso l'oratore (interpretazione tedesca errata).

01Le geste et sa signification attendue

Dans les cultures conversationnelles de Méditerranée et d'Amérique latine, parler en même temps que l'autre n'est pas nécessairement lui couper la parole : c'est souvent une manière d'y participer. La sociolinguiste Deborah Tannen (Conversational Style: Analyzing Talk Among Friends, Ablex, 1984) a nommé ce phénomène « chevauchement coopératif » (cooperative overlapping) et décrit deux styles opposés : le style « à haute implication » (high-involvement — débit rapide, chevauchements, questions en rafale, reprises enthousiastes), où l'énergie verbale signale l'intérêt, et le style « à haute considération » (high-considerateness — tours de parole nets, pauses, absence d'interruption), où le respect passe par l'attente. Le même chevauchement dit « je suis avec toi » dans le premier registre et « je ne t'écoute pas » dans le second.

Le socle théorique vient de l'analyse conversationnelle : Sacks, Schegloff et Jefferson (« A Simplest Systematics for the Organization of Turn-Taking for Conversation », Language, 50(4), 1974, p. 696-735 — l'article le plus cité de la revue) ont établi que le tour de parole est une mécanique sociale finement réglée ; ce sont les réglages, et surtout la valeur sociale du chevauchement, qui varient selon les communautés.

02Où ça dérape : géographie du malentendu

En réunion mixte — Italiens, Espagnols, Grecs, Libanais ou Français d'un côté ; Allemands, Suisses alémaniques, Scandinaves ou Néerlandais de l'autre — chacun applique sa grille : celui qui chevauche lit le silence d'en face comme du désintérêt ou de la froideur ; celui qui attend son tour lit le chevauchement comme du chaos ou de l'irrespect. Chacun attribue au caractère (ou à la compétence) ce qui relève du style conversationnel. Molly Wieland (1991) l'a documenté empiriquement sur des conversations de dîner franco-américaines : la structure française des tours de parole, plus tolérante à l'interruption, est une source récurrente de malentendu pour des Américains pourtant francophones.

Nuance scientifique importante : Stivers et al. (« Universals and cultural variation in turn-taking in conversation », PNAS, 106(26), 2009, p. 10587-10592), sur dix langues très diverses, montrent que la mécanique du tour de parole est largement universelle — transitions rapides, évitement du chevauchement prolongé — et que la variation culturelle mesurée est bien plus faible que le stéréotype. Ce qui diffère surtout, c'est la tolérance sociale au chevauchement bref et sa signification (engagement ou agression), pas l'existence du tour de parole. Le cliché du « Méditerranéen qui parle tous en même temps » décrit une différence de degré et d'interprétation, pas une absence de règles.

03Genèse historique

Le cas fondateur est un dîner de Thanksgiving enregistré en 1978, analysé par Tannen dans Conversational Style (1984) : six convives, dont trois New-Yorkais de culture juive pratiquant un style à haute implication, deux heures et demie de conversation — les chevauchements enthousiastes des uns réduisent progressivement les autres au silence, chaque camp repartant avec un jugement de caractère sur l'autre. Tannen et la recherche ultérieure retrouvent des traits comparables de haute implication dans des styles conversationnels méditerranéens, latino-américains et moyen-orientaux, sans jamais en faire une équivalence mécanique. John Gumperz (Discourse Strategies, Cambridge University Press, 1982) a montré de son côté que ces indices contextuels (rythme, intonation, chevauchement) fonctionnent comme des marqueurs d'appartenance : mal partagés, ils produisent des malentendus attribués à tort aux intentions.

Contre un raccourci fréquent, les scores de Hofstede n'expliquent rien ici : la Grèce (112), l'Espagne (86) et l'Italie (75) ont des scores d'évitement de l'incertitude supérieurs à celui de l'Allemagne (65) — cette dimension ne prédit pas les styles de tour de parole. La lecture par le temps polychronique de Hall (The Dance of Life, 1983) est plus pertinente : là où plusieurs fils d'activité coexistent, plusieurs fils de parole peuvent coexister aussi.

04Incident documenté

Le dîner de Thanksgiving de 1978. Six convives, deux heures et demie d'enregistrement : l'analyse fondatrice de Tannen (Conversational Style, 1984) montre les trois convives new-yorkais à haute implication dominer involontairement la conversation, les autres se retirant dans un silence poli que les premiers lisent comme de la réserve ou de l'ennui. Aucun des participants n'était « impoli » : les deux systèmes de politesse étaient incompatibles. C'est le cas documenté qui a fait entrer le chevauchement coopératif dans la littérature scientifique.

05Recommandations pratiques

À faire : en contexte méditerranéen ou latino, accepter le chevauchement bref comme de la participation — et hausser son propre niveau d'énergie verbale si l'on veut être entendu ; en contexte germanique ou nordique, attendre la fin des phrases et ménager des pauses ; en réunion mixte, expliciter la convention (« on laisse chacun finir » ou « discussion libre ») et, si nécessaire, confier la circulation de la parole à un animateur ; interpréter les styles, pas les caractères.

À ne pas faire : ne pas lire l'interruption méditerranéenne comme une agression ou un manque d'éducation ; ne pas lire le tour de parole strict comme de la froideur ou du désintérêt ; ne pas imposer son propre style comme « la » politesse universelle ; ne pas confondre style conversationnel et compétence professionnelle.

Geografia dell'incomprensione

Neutrale

  • france
  • italy
  • spain
  • greece
  • lebanon

Incidenti documentati

Raccomandazioni pratiche

Per fare

  • En contexte méditerranéen ou latino : acceptez le chevauchement bref comme de la participation, et haussez votre énergie verbale pour être entendu.
  • En contexte germanique ou nordique : attendez la fin des phrases, ménagez des pauses.
  • En réunion mixte : explicitez la convention (« chacun finit » vs « discussion libre »), au besoin avec un animateur qui distribue la parole.
  • Interprétez les styles, pas les caractères.

Cosa evitare

  • Ne lisez pas l'interruption méditerranéenne comme une agression ou un manque d'éducation.
  • Ne lisez pas le tour de parole strict comme de la froideur ou du désintérêt.
  • N'imposez pas votre propre style comme la politesse universelle.
  • Ne confondez pas style conversationnel et compétence professionnelle.

Alternative neutre

Fonti · 6

AccademicaTannen, D. (1984). Conversational Style: Analyzing Talk Among Friends. Ablex (rééd. Oxford University Press, 2005).
AccademicaSacks, H., Schegloff, E.A. et Jefferson, G. (1974). « A Simplest Systematics for the Organization of Turn-Taking for Conversation ». Language, 50(4), 696-735.
AccademicaStivers, T. et al. (2009). « Universals and cultural variation in turn-taking in conversation ». PNAS, 106(26), 10587-10592.
AccademicaWieland, M. (1991). « Turn-taking structure as a source of misunderstanding in French-American cross-cultural conversation », in Bouton, L. et Kachru, Y. (dir.), Pragmatics and Language Learning, vol. 2, 101-118. University of Illinois, Urbana.
AccademicaGumperz, J.J. (1982). Discourse Strategies. Cambridge University Press.
AccademicaHall, E.T. (1983). The Dance of Life: The Other Dimension of Time. Anchor Press/Doubleday.