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Bindi — marqueur sud-asiatique trans-religieux et débat sur l'appropriation

Bindi : marqueur trans-religieux d'Asie du Sud (hindou, bouddhiste, sikh et parfois musulman/chrétien selon Pew Research) -- pas un symbole exclusivement hindou. Son port par des non-Sud-Asiatiques reste débattu, y compris au sein de la diaspora.

✓ Direção do alvoLe bindi marque, selon la tradition et la région, statut marital, spiritualité (shakti) ou simple identité culturelle sud-asiatique -- il n'est pas réservé à une seule religion.
⚠ Significado interpretadoQue le bindi serait un marqueur exclusivement hindou et que l'appropriation ferait consensus contre son port par des non-Sud-Asiatiques -- le débat existe aussi à l'intérieur de la diaspora sud-asiatique elle-même.

01Un marqueur sud-asiatique trans-religieux, d'origine hindoue

Le bindi (बिन्दु bindu, « point ») est d'origine hindoue, mais son usage contemporain n'est pas exclusivement hindou. Une enquête Pew Research (Religion in India, ~30 000 entretiens, 2019-2020, publiée en 2021) montre qu'en Inde, 84 % des femmes hindoues portent un bindi, mais aussi 78 % des bouddhistes, 29 % des sikhes, 22 % des chrétiennes et 18 % des musulmanes — ces chiffres portent sur l'Inde, pas sur l'Asie du Sud dans son ensemble. Au Bangladesh, le teep est un marqueur identitaire bengali porté toutes confessions confondues : en avril 2022, la ministre de l'Éducation, elle-même musulmane, a partagé publiquement une photo d'elle portant un teep en soutien à une enseignante agressée pour en avoir porté un, déclarant « je suis un être humain, une musulmane, une Bengalie, une femme ». Le tilaka (marque frontale rituelle, appliquée en pâte ou en poudre, portée de façon visible par des hommes autant que des femmes) et le bindi ne sont d'ailleurs pas le même geste.

02Le débat existe aussi à l'intérieur de la communauté sud-asiatique

Le port du bindi par des personnes non originaires d'Asie du Sud ne fait pas consensus, y compris parmi les Sud-Asiatiques eux-mêmes. Priyanka Chopra a défendu publiquement Selena Gomez en 2013, jugeant qu'« à notre époque, le bindi n'est pas réservé à un usage religieux ou traditionnel, mais est en réalité devenu un accessoire de mode très populaire ». La Hindu American Foundation tient une position conditionnelle (port acceptable si informé du sens du geste), pas une condamnation de principe. Le mouvement #ReclaimTheBindi (né fin 2014) porte au contraire une critique plus ferme. Cette diversité d'opinions, documentée par la recherche universitaire sur la diaspora sud-asiatique (Maira, 2000 ; Nilsson, 2022), montre que présenter « les Hindous » comme un bloc uniforme sur la question serait une erreur.

03La discrimination réelle : les Dotbusters (1987)

Un fait grave et documenté illustre la discrimination réellement subie par les personnes sud-asiatiques portant un bindi : à l'été 1987, un groupe se faisant appeler les « Dotbusters » (jeu de mots sur le bindi, appelé familièrement « dot » en anglais) publie une lettre menaçante dans le Jersey Journal de Jersey City visant les personnes d'origine sud-asiatique. Plus de quinze agressions sont recensées entre juin 1987 et février 1988 ; Navroze Mody, battu à Hoboken le 27 septembre 1987, meurt de ses blessures quatre jours plus tard. Mody était parsi (zoroastrien), pas hindou — signe que la haine visait un marqueur perçu comme « sud-asiatique » en bloc, au-delà de toute appartenance religieuse précise.

04La vague Coachella (2013-2015)

La commercialisation occidentale du bindi comme accessoire de festival est documentée essentiellement entre 2013 et 2015 (Selena Gomez aux MTV Movie Awards, avril 2013 ; festival Coachella 2014, où plusieurs célébrités portent un bindi ; mouvement #ReclaimTheBindi, apparu fin 2014). Un phénomène antérieur et distinct existe dans les années 1990 (l'« Indo chic » pop : Gwen Stefani ; Madonna portant un bindi lors de sa performance aux MTV Video Music Awards de 1998), mais Coachella lui-même n'existe que depuis 1999 : dater la commercialisation festivalière des « années 1990-2000 » confondrait ce phénomène pop antérieur avec la vague Coachella, qui se cristallise en réalité une décennie plus tard.

05Recommandations pratiques

Geografia do mal-entendido

Neutro

  • india
  • bangladesh
  • united-states
  • united-kingdom
  • france

Não documentado

  • peuples-autochtones

Incidentes documentados

Recomendações práticas

Para fazer

  • Comprendre que le bindi est un marqueur trans-religieux d'Asie du Sud. Recevoir un bindi proposé par un hôte comme une invitation plutôt que le refuser par prudence excessive.

O que evitar

  • Ne pas présumer une position uniforme de la communauté sud-asiatique sur le sujet. Ne pas moquer la discrimination réelle documentée contre les porteurs (Dotbusters, 1987).

Alternativas neutras

• Comprendre le sens religieux et culturel du bindi avant d'en discuter, sans présumer qu'un non-Sud-Asiatique doive s'abstenir de le porter en toute circonstance.

• Si invité à un mariage ou une fête où le bindi est proposé par l'hôte, l'accepter comme un geste d'inclusion plutôt que le refuser.

Fontes · 5

AcadêmicaHenna and Hip Hop: The Politics of Cultural Production and the Work of Cultural Studies
AcadêmicaCritiquing cultural appropriation, building community: desi online activism on Tumblr shame blogs and #reclaimthebindi
ReferênciaReligion in India: Tolerance and Segregation -- Religious clothing and personal appearance
ReferênciaEducation minister Dipu Moni's Facebook post on a teep-wearing assaulted teacher
ReferênciaPriyanka Chopra defends Selena Gomez's bindi