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Codex Mundi Gelehrter Atlas der Sinne, die beim Überschreiten von Grenzen verloren gehen
Codex MundiGrüßeLe « salim » et le « sungkem » indonésiens
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Le « salim » et le « sungkem » indonésiens

Salim : porter la main de l'aîné à son front (quotidien). Sungkem : s'agenouiller vers les genoux de l'aîné assis (rituel — Lebaran, mariage javanais). Deux gestes de déférence que l'Occident lit comme servilité.

✓ ZielrichtungPiété filiale et respect volontaire : le salim (main de l'aîné portée au front/nez) salue parents et maîtres au quotidien ; le sungkem (agenouillement vers les genoux de l'aîné assis) demande pardon et bénédiction (restu) aux moments rituels.
⚠ Interpretierter SinnL'Occidental y voit servilité, soumission ou geste déroutant ; refuser la main, la retirer ou en rire humilie — l'acte est valorisant et volontaire, non contraint.

01Deux gestes distincts, que cette fiche distingue

Le stub initial confondait deux gestes indonésiens de déférence. Le premier, quotidien, est le salim (terme familier ; forme documentée : cium tangan, « baiser de main ») : le cadet prend la main de l'aîné — parents, grands-parents, oncles et tantes, enseignants — et la porte à son propre front, son nez ou sa joue ; dans la pratique moderne, « les lèvres ne touchent pas réellement la main », précise l'encyclopédie indonésienne, et l'on ramène plutôt le dos de la main de l'aîné « vers son propre front ». C'est le geste que font les écoliers chaque matin. Le second, rituel, est le sungkem (javanais ; le dictionnaire de référence KBBI le définit par « sujud (tanda bakti dan hormat) » — prosternation, marque de dévotion et de respect) : l'aîné est assis, plus haut ; le cadet s'agenouille ou s'assied bas devant lui, s'incline vers ses genoux, lui prend souvent les mains pour les porter à son front. Il est réservé à des moments solennels : la fin du jeûne (Idulfitri/Lebaran, où l'on demande pardon), la cérémonie du sungkeman au mariage javanais (hommage, demande de pardon et de bénédiction — restu — aux parents), l'hommage aux parents avant un grand départ.

02Où ça dérape

Pour un Occidental, voir un adulte s'agenouiller et porter la main d'un autre à son front évoque la servilité, voire une soumission d'un autre âge ; recevoir un salim d'un enfant inconnu déroute. L'intention est inverse : acte volontaire de piété filiale et de respect, valorisant pour celui qui le reçoit comme pour celui qui le donne — refuser sèchement la main, ou plaisanter, humilie. Le débat interne à l'islam indonésien est réel mais nuancé, et ne se réduit pas à des « accusations d'idolâtrie » : la tradition rapportée par l'imam al-Nawawi admet le baiser de main motivé par la piété, la science ou l'âge ; la Muhammadiyah qualifie le sungkem de mubah (permis) tant qu'il exprime le respect sans adoration ni croyance en un pouvoir surnaturel des parents ; les courants salafis tracent la ligne au geste qui ressemblerait au sujud rituel — l'inclinaison profonde (rukuk) et la prosternation (sujud) ne sont dues qu'à Allah. En 2020, c'est la santé publique qui a suspendu le geste : le protocole scolaire anti-Covid du gouvernement (10 mars 2020) instruit d'« éviter le contact physique direct (poignée de main, baiser de main, embrassade...) ».

03Genèse historique

La généalogie du stub (« confucianisme hérité via la Chine et le Vietnam », « kisah-kishan ») était fabriquée : « kisah-kishan » n'existe pas, et aucune source ne rattache ces gestes au confucianisme. La filiation documentée est javanaise et indo-islamique : le sembah (paumes jointes) des cours javanaises repose sur l'añjali mudrā indien, et l'étiquette des kratons de Yogyakarta et de Surakarta en prescrit l'usage ; le « sembah sungkem » y désigne précisément l'inclinaison profonde, mains au giron ou au genou de la personne révérée (Wikipédia « Sembah »). Sur ce fonds s'est greffé l'adab musulman du respect aux parents et aux maîtres, dont le baiser de main est une expression panislamique (Turquie, Malaisie, Brunei...). Le sungkeman de Lebaran est réputé — la source hedge elle-même (« diyakini ») — remonter à Mangkunegara I (Pangeran Sambernyawa, règne 1757-1795), qui rassemblait dignitaires et soldats après la prière d'Idulfitri pour un pardon mutuel (presse indonésienne, revue Al-Kamal). Aucune attestation ne soutient en revanche un « sungkem quasi obligatoire envers les sultans du XVe au XVIIIe siècle » ni une « promotion étatique post-1945 contre l'occidentalisation » : retirés.

04Incidents documentés

Idulfitri 1930 : les autorités coloniales néerlandaises manquent d'arrêter Soekarno et le docteur Radjiman Wedyodiningrat lors d'un sungkeman au Gedung Habipraya (Singosaren, Surakarta), soupçonné d'être une réunion nationaliste déguisée ; le souverain Pakubuwono, présent, répond qu'il ne s'agit « pas d'une action de mobilisation, mais de la tradition du sungkeman et du halal bihalal » — l'épisode contribue à ancrer le sungkeman ouvert de Lebaran (merdeka.com). 26 juin 2017 : au deuxième jour de l'Idulfitri, le président Joko Widodo rentre à Solo faire sungkem à sa mère, Sujiatmi Notomihardjo (detik) — le sungkem présidentiel à la mère est un rituel médiatique récurrent. 10 mars 2020 : le protocole sanitaire scolaire suspend salim et poignées de main (Kompas). Les sungkeman des mariages en vue — dont celui du fils du président en décembre 2022 — sont couverts en direct par la presse nationale.

05Recommandations

Recevoir un salim avec grâce — surtout d'un enfant : tendre la main détendue, sourire ; ne pas la retirer, ne pas en rire. Ne pas l'exiger non plus : l'étranger n'est pas censé le pratiquer, et l'initiative revient toujours au cadet. Ne pas singer le sungkem hors de son cadre rituel (mariage, Lebaran) : c'est un acte familial et cérémoniel, pas une salutation courante. Distinguer les registres : salim quotidien envers aînés et enseignants ; sungkem rituel agenouillé ; et pour une simple rencontre, poignée de main douce, éventuellement main ramenée sur le cœur. Depuis 2020, suivre les usages locaux sur le contact physique (salam sans contact répandu en période épidémique). En cas de doute religieux ou hiérarchique, laisser l'interlocuteur donner le ton.

Geographie des Missverständnisses

Neutral

  • indonesia

Nicht dokumentiert

  • malaysia
  • brunei

Dokumentierte Vorfälle

Praktische Empfehlungen

Zu tun

  • Recevoir le salim avec grâce (main détendue, sourire), surtout venant d'un enfant
  • Laisser l'initiative au cadet — ne jamais exiger le geste
  • Réserver le sungkem à son cadre rituel (Lebaran, mariage javanais)
  • Suivre les usages locaux sur le contact physique (salam sans contact depuis 2020)

Zu vermeiden

  • Ne pas retirer sa main ni rire quand un enfant fait salim
  • Ne pas interpréter salim ou sungkem comme de la servilité
  • Ne pas confondre les deux gestes ni pratiquer le sungkem comme salutation courante
  • Ne pas caricaturer le débat religieux en « accusations d'idolâtrie »

Neutrale Alternativen

Quellen · 10

ReferenzKBBI (kbbi.web.id), entrée « sungkem » : « sujud (tanda bakti dan hormat) » — prosternation, marque de dévotion et de respect. NB : l'entrée « salim » du KBBI ne porte que le sens arabe « sain, intact » ; le sens gestuel est un usage familier documenté par ailleurs. —
ReferenzWikipédia (id), « Cium tangan » : geste de politesse, respect, admiration voire loyauté ; « bibir tidak benar-benar menyentuh tangan di dalam tradisi modern » (les lèvres ne touchent pas réellement la main) ; la main est ensuite portée « ke dahinya mereka sendiri » (vers son propre front) ; en Indonésie, envers parents et enseignants, le geste « peut être appelé » salim (« dapat disebut ») ; aire : Turquie, Malaisie, Indonésie, Brunei, Philippines. —
ReferenzWikipédia (en), « Sembah » : le sembah repose sur l'añjali mudrā indien ; étiquette prescrite dans les kratons de Yogyakarta et Surakarta ; « sembah sungkem » = s'incliner bas puis joindre/poser les mains au giron ou au genou de la personne révérée. —
AkademischJamal Ghofir et Mohammad Abdul Jabbar, (IAINU Tuban), « Tradisi Sungkeman sebagai Kearifan Lokal dalam Membangun Budaya Islam », Jurnal Kajian Islam Al Kamal (STAI Al-Kamal Sarang Rembang), vol. 2, no 2, pp. 404-420 (page OJS : publié 15-02-2023 ; en-tête PDF : « Volume 2 Nomor 2 Juni-Desember 2022 » — variance de datation consignée) : mécanique du sungkem (aîné assis plus haut, cadet agenouillé, main portée au front), contextes Idulfitri/mariage, origine réputée (« diyakini ») Mangkunegara I. —
PresseMerdeka.com (Shani Ramadhan Rasyid), « Berawal dari Kraton Solo, Begini Sejarah Tradisi Sungkeman dalam Budaya Jawa », 14 mai 2021 : Mangkunegara I rassemblant ses dignitaires après la prière d'Idulfitri (« berkumpul bersama seluruh punggawanya setelah Salat Ied dan saling memaafkan ») ; incident de 1930 (Soekarno, Radjiman, Pakubuwono) au verbatim. —
PresseDetik.com, « Lebaran Kedua, Jokowi Mudik ke Solo dan Sungkem ke Ibunda », 26 juin 2017 : « Presiden akan berlebaran kepada Ibundanya Sujiatmi Notomihardjo » ; arrivée à la base aérienne Adi Soemarmo (Boyolali), résidence du quartier Sumber, Surakarta. —
PresseKompas.com, « 15 Protokol Penanganan Virus Corona di Area Pendidikan », 10 mars 2020, point 12 : « Menginstruksikan kepada warga sekolah untuk menghindari kontak fisik langsung (bersalaman, cium tangan, berpelukan, dan sebagainya) » — protocole KSP/Kemendikbud/Kemenkes. —
PresseLiputan6 (rubrique Islami), « Cara Sungkem Lebaran yang Benar dan Hukumnya Menurut Islam », 4 juin 2019 : position d'al-Nawawi rapportée (« Tidak makruh mencium tangan karena kezuhudan, keilmuan dan faktor usia yang lebih tua ») ; conclusion : « Sungkeman bukan merupakan tradisi yang haram ». —
PresseDetik Sumbagsel, « Makna Sungkem saat Lebaran: Tradisi, Sejarah, dan Tinjauan Syariatnya », 20 mars 2026 : position Muhammadiyah — « sungkeman dikategorikan sebagai ibadah ghairu mahdhah atau urusan muamalah (hubungan sosial). Hukumnya adalah mubah (boleh) » ; trace historique sous Mangkunegara I (Pangeran Sambernyawa), 1757-1795. —
ReferenzMajalah HSI (Ja'far Ad-Demaky), « Fiqih Sungkeman », éd. 77, mai 2025 (Dzulqa'dah 1446 H) : position salafie — « Sungkem itu dibolehkan jika sebatas bersalaman, memohon restu dan menghormati orang tua atau orang yang lebih mulia tanpa berlebihan dan tanpa mengharuskan waktu khusus » ; « Karena rukuk dan sujud tidak dibolehkan dilakukan kecuali kepada Allah... » (média religieux militant, présenté comme tel). —